Francine
Janvier 2006
« J'ai toujours eu dans
ma vie, ... »
J'ai toujours eu dans ma vie, des périodes de déprime, mais j'arrivais à m'en sortir seule. Depuis deux ans, mon état ne faisait qu'empirer ! Du stress, je suis passée à une véritable dépression. Je ne voyais plus personne. Je refusais toute invitation. Je n'avais envie de rien, je n'avais plus de but. Des grignotages incontrôlés témoignaient d'un mal-être grandissant. Je passais mes journées à pleurer, je m'éloignais de ma famille et de mes amis. Je survivais... Il faut être réaliste, j'étais boulimique et devenait obèse.
Peu à peu, je suis devenue agoraphobe. Impossible de faire mes courses, de sortir dans la rue. Je ne supportais pas le regard des autres. J'avais l'impression d'étouffer, je manquais réellement d'air, à la limite de prendre un malaise. Les tics ont peu à peu envahi mon quotidien : lavages de mains, vérification de fermeture des portes, obsession de la propreté. La vie devenait un enfer pour moi et pour mes proches.
Un jour, une amie m'a parlé d'un médecin qui pourrait m'aider. Sur le coup, je ne l'ai même pas écoutée. Et puis j'allais lui dire quoi à ce médecin ? Que j'étais nulle, que je mangeais sans arrêt, que je n'avais envie de rien, que je ne pouvais même plus me regarder dans une glace, que ma vie n'avait plus aucun sens...
Sans vraiment réfléchir, un matin j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai téléphoné pour avoir un rendez-vous.
C'était le 23 novembre 2004 à 10 heures. Je me demande encore comment j'ai pu avoir le courage de sonner et de rester dans la salle d'attente. J'essayais de respirer profondément, mais j'étais tétanisée. Une espèce de peur panique incontrôlable m'a envahie. Heureusement, l'assistante du docteur est venue me chercher car j'étais sur le point de repartir. Ce jour là, c'était mon jour de chance, je ne le savais pas encore, mais j'avais sonné à la bonne porte et j'allais trouver l'aide que je recherchais...
Le docteur B. m'a expliqué qu'il allait me proposer une alimentation hyper-protéinée, comportant quatre repas par jour. Un support de livres et de cassettes (méthode mise au point par un médecin québécois, le docteur Maurice Larocque) devait m'aider à changer mon comportement alimentaire. Chaque mois, je devrai répondre à des questions sur mes réactions face à des situations bien précises, sur ma façon de m'alimenter, sur mes émotions. L'analyse des réponses nous donnera un poids mental. C'est en fait l'évolution de ce poids mental qui sera le baromètre du suivi de cette méthode.
Il faudra que je me fixe des buts et des objectifs, réalisables à court terme, et réfléchir aux moyens de les atteindre...
Quand je suis sortie, j'avais l'impression d'avoir participé à un marathon ! J'étais épuisée, mais satisfaite de ma démarche.
J'ai commencé ma diète début décembre. J'étais vraiment très motivée. Je n'ai pas eu faim du tout. Tous les jours, j'ai lu le livre Maigrir par le contrôle des émotions et écouté les cassettes du docteur Larocque. J'ai appris à analyser mon comportement et à être moins émotive.
Une heure de marche, cinq jours par semaine, un peu de gymnastique 10 minutes tous les matins, et peu à peu, j'ai retrouvé une forme physique perdue depuis bien longtemps. En fait, j'ai commencé une nouvelle vie.
Je me suis fixé des buts, des moyens pour les obtenir et très vite, j'ai pu constater les avantages.
En un mois, j'ai perdu 10 kg. C'était inespéré. J'étais capable de m'imaginer à mon poids idéal. Je n'étais plus du tout obsédée par les kilos à perdre. J'avais entrepris un travail titanesque, mais quel résultat ! Mes efforts n'étaient pas vains puisque mon poids mental était passé de 138,6 kg au premier questionnaire à 72,2 kg, le mois suivant. Je me sentais revivre, moi qui ne voulais plus voir personne, je prenais du plaisir à rencontrer mes amis. J'avais encore un peu de mal avec la foule, mais je pouvais enfin faire mes courses comme le monde.
Les mois suivants, j'ai continué ma perte de poids, doucement, sans aucun problème, sans fatigue, au contraire, avec une énergie hors du commun. J'ai écrit régulièrement tous les sentiments nouveaux que je ressentais, toutes les expériences que je tentais. J'ai réussi à me programmer positivement avec le jogging mental. C'est difficile au début d'être positif quand vous êtes rongée par la déprime. Mais avec les livres et les cassettes de relaxation, la nouvelle façon de penser m'a complètement transformée.
J'ai appris à me réconcilier avec la nourriture, à manger doucement et à me contenter d'aliments nécessaires. Mon goût pour le sucre a disparu au fil des jours. C'est magique de ne plus être tenté et comme il est agréable de dire « non, merci » sans éprouver de sentiment d'intense frustration.
Nous sommes fin septembre 2005 et j'ai perdu plus de 25 kg. Le bilan est vraiment très positif. Je suis devenue beaucoup plus agréable. J'ai repris complètement confiance en moi. J'ai appris à avoir le temps. Quand on planifie les impératifs et la détente, on se rend compte qu'en réalité, ce n'est pas par manque de temps mais par manque d'envie que l'on ne fait pas les choses.
Le suivi médical régulier et les questionnaires sur le poids mental sont vraiment la clé de la réussite de cette méthode. Toute seule, je sais que je n'aurais pas eu la volonté de continuer. J'ai eu des moments de doute, des périodes plus difficiles que d'autres, c'est normal, c'est humain. Je ne suis pas une machine conditionnée à la réussit, et sans les réponses à mes interrogations, sans l'aide de mon équipe, je n'aurais pas eu le courage de me battre comme je l'ai fait.
J'ai décidé de m'attaquer à un autre combat, celui contre le tabac ! Avec la même méthode et la même énergie, je vais tout faire pour me débarrasser complètement de ce poison. Je me sens suffisamment forte maintenant pour l'affronter. Je suis néanmoins volontairement réservée sur ce sujet, car je n 'ai pas assez de recul. Je ne fume plus depuis un peu plus d'un mois et c'est déjà une grande victoire. Je n'aurais jamais envisagé sérieusement d'arrêter si je n'avais pas connu la joie d'être bien dans mon corps et bien dans ma tête ! Maintenant, je sais ce que le mot bonheur représente pour moi, et j'aimerais me donner une chance supplémentaire de vivre longtemps et en bonne santé.
J'ai accepté d'écrire ce témoignage, car je suis certaine, que d'autres personnes, comme je l'ai été, sont en ce moment en pleine détresse. Peu importe les raisons, familiales, professionnelles, ou autres...
On peut compter sur l'aide d'une équipe médicale pour s'en sortir. La vie est pleine de richesses et c'est dommage de ne pas en profiter !
Des médecins sont là pour nous comprendre, pour nous aider, c'est une chance à saisir et un cadeau qu'il ne faut pas refuser.
Je tiens particulièrement à remercier le docteur B., Edith, son assistante, et le docteur Larocque.
Ils sont mes anges gardiens.
Francine (3/01/2006)


