Isabelle P.
Sept 2006
Ma quête du poids santé a débuté à la fin de 2001, alors que je pesais 207 livres pour seulement 160 cm. Et, croyez-moi, ce fut une longue aventure qui a été riche en enseignements. Tout d’abord, mon expérience personnelle de perte de poids m’a démontré que la première étape à franchir, avant d’entreprendre toute démarche d’amaigrissement, a été de me poser très sérieusement la question suivante : Pourquoi suis-je grosse, en réalité? Ma réponse sincère à cette question a été le début de la résolution de mon problème de poids. En toute humilité, je vous avoue que j’ai longtemps tenu l’hérédité ainsi qu’un métabolisme ralenti comme étant responsables de mon obésité et j’y croyais réellement. Puis un jour de l’an 2001, j’ai consenti à m’avouer qu’au fond, j’avais autre chose à me reprocher. C’est alors que j’ai revu en détails mon mode de vie et mes habitudes alimentaires tout en étant très honnête envers moi-même. Ça me sautait aux yeux, je devais adopter un régime alimentaire plus sain et bouger bien davantage. Maigrir de façon durable, cela commence par une prise de conscience. C’est la première leçon que j’ai apprise au cours de ma démarche.
Il y a eu aussi bien des obstacles que j’ai dû affronter, comme toute personne qui prend la décision de maigrir. Ceux-ci surviennent avant, pendant et je dirais même également après l’amaigrissement. Ces obstacles, ce sont la très grande quantité d’idées bizarres qui circulent au sujet de l’obésité et de la perte de poids. Il y a d’abord eu celles que j’entretenais moi-même presque inconsciemment, dont :
« Mon corps n’est pas fait pour peser 130 livres.»
« Il m’est impossible de passer une semaine, ni même une journée sans manger de chocolat.»
« Chaque fois que je maigris un peu, je finis par reprendre le poids perdu. Les régimes ne fonctionnent pas »
Bref, j’ai dû me rendre à l’évidence que oui, mon corps pouvait être mince, que je pouvais me récompenser et me détendre autrement qu’en mangeant du chocolat et que ma reprise de poids n’était due qu’à une diminution de ma motivation et de ma vigilance.
Un autre obstacle majeur à ma perte de poids a été les idées bizarres qui m’étaient lancées par mon entourage :
« Ton père est gros, ta mère est grosse. C’est normal que tu soies obèse, c’est inscrit dans tes gènes! »
« T’auras pas toujours le temps de continuer l’entraînement comme tu le fais là.»
« Tu vas tout reprendre ce que tu as perdu et même un peu plus. Méfie-toi! »
Et pire encore : « Voyons, Isabelle, t’as toujours été grosse, tu vas le rester, tu ne peux pas changer.»
Je me souviens qu’une amie que j’estimais beaucoup m’avait justement dit çà, exactement en ces termes-là, et je lui avais répondu : «Je vais au moins essayer.» Comme j’ai eu raison!
Il faut en effet «fermer ses oreilles» à ce genre de commentaires. Fermer ses oreilles et croire. Croire en soi, en la vie, en la réussite de sa démarche d’amaigrissement, et ce à plus forte raison quand tout le monde doute. Ce n’est pas facile, mais c’est possible. Il s’agit là d’une autre précieuse leçon que j’ai apprise lors de ma quête du poids santé.
Il faut en effet «fermer ses oreilles» à ce genre de commentaires. Fermer ses oreilles et croire. Croire en soi, en la vie, en la réussite de sa démarche d’amaigrissement, et ce à plus forte raison quand tout le monde doute. Ce n’est pas facile, mais c’est possible. Il s’agit là d’une autre précieuse leçon que j’ai apprise lors de ma quête du poids santé.
C’est précisément parce que j’ai mon objectif bien en vue, soit de ne plus me gaver de chocolat pour tout et pour rien, que je peux rapidement me remettre sur le bon chemin après une déviation. Eh oui! Il m’arrive encore, malheureusement, de me gaver de chocolat quand je suis triste, quand je suis heureuse, quand c’est la fin de semaine ou quand c’est la fête. Parfois, j’ai même l’impression que tout est à recommencer, éternellement. Dans ces moments-là, je me rappelle l’histoire de Sisyphe. Les dieux l’avaient condamné à rouler sans cesse un rocher jusqu’au sommet d’une montagne, d’où la pierre retombait sous l’effet de son propre poids. Malgré tout, après chaque descente du rocher au bas de la montagne, Sisyphe continuait invariablement à le remonter vers le sommet. Cela lui donnait l’impression d’être supérieur à son destin et plus fort que son rocher. Je ressens cette même impression de grandeur et de force lorsque je me corrige suite à une déviation. J’ai encore du mal à dompter ces envies de sucreries, mais je continue d’essayer tout en étant convaincue que je réussirai un jour. Et la dernière fois que j’essaierai, c’est précisément lorsque j’aurai réussi! À ce sujet, d’ailleurs, je me rappelle un auteur –Guy Corneau, je crois– qui disait qu’avait d’être capable de réussir une chose, on pouvait parfois devoir faire jusqu’à trente tentatives.
Enfin, je pèse aujourd’hui un peu moins de 140 livres et j’ai un IMC inférieur à 25. Je peux donc considérer que j’ai éliminé tout mon surplus de poids et je n’en suis pas peu fière! Je savoure pleinement cette réussite, mais je sais aussi que je dois maintenant endosser ce changement important. J’ai la responsabilité d’honorer l’engagement que j’ai pris envers moi-même d’avoir la silhouette mince et équilibrée que j’ai obtenue grâce à mes efforts soutenus. Et cet engagement, je dois le renouveler aussi souvent que nécessaire. Il s’agit là d’un autre gage de réussite de toute cure d’amaigrissement, au même titre que d’être honnête envers soi-même.
Je remercie chaleureusement toute l’équipe de la Clinique Motivation Minceur de Westmount, particulièrement ma consultante, Karine Boon, pour ses encouragements dans ma démarche, lors des moments difficiles, pour ses conseils et, également, pour avoir si bien partagé ma joie lors de chacune de mes petites victoires. Merci également au Dr Maurice Larocque pour sa joie de vivre, son charisme et pour le travail extraordinaire et passionné qu’il fait auprès des gens ayant des problèmes de poids.
Combat contre mon addiction au sucre…combat contre moi-même!
« Combattez contre vous-même, vous acquerrez la tranquillité de l’âme.» - Proverbe oriental
Comment donc parviendrai-je à mettre un terme à mon addiction au sucre? À présent, le chiffre qui apparaît sur la balance, lorsque je monte dessus, n’est plus une menace pour ma santé. Il ne me gêne plus. Mon addiction au sucre me gêne, elle, cependant. Je ne veux plus de ce comportement. Il me dérange. Il est nuisible, avec ou sans surplus de poids. Je me regarde aller et je trouve cela pathétique. Chaque jour, il me faut «ma dose». J’aurais eu à cesser de fumer ou de me droguer et le défi ne m’aurait pas paru plus grand. Comme quoi une dépendance est une dépendance, quelle qu’elle soit!
Guy Corneau parlait d’esclavage, dans son livre «Le Meilleur de Soi». Et je me sens effective-ment esclave de ces envies de sucreries. Je lui suis très reconnaissante d’avoir décrit les dépendances de toutes sortes comme étant la recherche de satisfaction, de sensations fortes. Je lui suis infiniment reconnaissante, car il m’a permis de comprendre enfin ce qui se passe dans ma tête lorsque j’entre au supermarché, dans un dépanneur ou une pharmacie, que je me dirige vers l’allée des confiseries et que j’erre là presque sans but, finalement, à me demander qu’est-ce que je vais bien acheter aujourd’hui.
En fait, j’ai bien un but dans mon errance. Il est cependant partagé entre mon désir de satisfaction par le sucre et ma détermination pourtant bien présente à mettre fin à ma dépendance… Oui, mais quand et comment? Voilà LA question. Et voilà l’hésitation qui se met de la partie. En moyenne 10 à 15 minutes d’hésitation : Juste une petite gâterie ne me fera pas de tort… Oui, mais d’un autre côté, si je commence, je ne saurai plus m’arrêter et je ne serai pas fière de moi… Ah! Et puis si cette fois-ci c’était différent? J’essaie, je vais bien voir… Mais en mon for intérieur, je sais que tout est vu d’avance. Et voilà que j’achète une petite friandise, rien qu’une petite. Trente secondes de bonheur, de «satisfaction» en échange de 200 calories superflues, ingérées dans mon organisme. Et ensuite, j’en veux encore. Parce que plu on en a, plus on en veut. Le vice engendre le vice.
Mais suis-je réellement plus heureuse après avoir ingéré ces petites douceurs? Bien sûr que la réponse est non! Alors, il faut que je recherche une autre source de satisfaction, plus grande, cette fois. Ce pourrait être une plus grande quantité de chocolat? Ou encore une nouvelle saveur? Ou une nouvelle sorte? Et c’est ainsi que les 200 calories ingérées en sucreries deviennent 2000. Et finalement, le plus atroce, c’est que je m’aperçois que je n’atteins jamais la «satisfaction suprême» tant convoitée. Et voilà que je reste toujours sur mon appétit, à n’être jamais rassasiée. Alors je dois donc continuer ma quête de la satisfaction, à laquelle je n’entrevois jamais la fin. C’est alors que la dépendance devient un esclavage, et je dirais même de l’aliénation.
Que faire, alors, pour sortir enfin de ce cercle vicieux apparemment sans issue? Commencer par se rendre compte de l’absurdité de la situation, ce que je crois déjà avoir fait à l’heure actuelle? Car pour moi, personnellement, une dépendance ancrée si profondément en soi qu’elle en est devenue un esclavage appartient bel et bien au domaine de l’absurde. Alors je sais qu’au fond, j’en suis rendue ridicule avec cette addiction. Ridicule, car au fond, je me gave parfois – et même la plupart du temps- de façon totalement compulsive, comme si c’était la dernière fois que je mangeais des sucreries et qu’il fallait que j’en profite au maximum. Quelle intensité du moment!
Mais au fond, comme dit Guy Corneau, lorsque je mange des sucreries, y a-t-il quelqu’un qui mange des sucreries? Non, car j’en oublie le temps. J’en oublie l’instant présent et je suis même dans l’urgence, car c’est toujours comme si c’était la dernière fois que je me gavais. À chaque fois, immanquablement. Mais pourtant, les «dernières fois» se succèdent inlassablement, à mon plus grand désarroi. Pourquoi donc cette succession sans fin de «dernières fois» ? Serait-ce dû à mon incapacité à faire mon deuil de «la VÉRITABLE dernière fois»? Ou est-ce plutôt une résistance au changement? Peut-être est-ce un mélange des deux? Mais au moment où j’écris ces lignes, il me saute aux yeux, tout à coup, que vaincre une dépendance, c’est faire le deuil de cette dépendance.
J’ai réalisé tout cela dernièrement. Où suis-je rendue, maintenant? Que dois-je faire pour poursuivre mon ascension et ne plus voir mon rocher dévaler la montagne comme celui de Sisyphe? Peut-être tout simplement continuer de croire en moi et considérer toutes ces prises de conscience comme une partie de ma progression en soi, qui est probablement plus importante que je ne le crois? Oui, surtout continuer de croire en moi et en ma réussite. Il s’agit là, à mon avis, de l’attitude gagnante. Et tant pis s’il arrive encore parfois à mon rocher de vouloir dévaler la montagne! Qui sait si je ne le rattraperai pas en chemin?
Sainement vôtre,
Isabelle P


