Raymonde
Mars 2008
« Journal d'une obèse
qui veut maigrir »
J'avais envie d'appeler ce document « Journal d'une obèse qui veut maigrir », mais ça m'écorche tellement les oreilles. Je ne peux l'appeler ainsi ou devrais-je dire je ne peux pas m'appeler ainsi. Est-ce la négation ou le début de la pensée positive ? On dit que je dois me visualiser à mon poids idéal, alors je ne dois sûrement pas pouvoir m'accoler l'étiquette d'obèse. Ça me plaît bien cette école de pensée ! J'aime définitivement mieux me qualifier de ronde. Obèse, que c'est laid ! Ouache ! J'imagine des gros Américains qui mangent des hamburgers et de la pizza en quantité gargantuesque.Récapitulons : le 16 mai 2007, j'allais rencontrer le docteur Maurice Larocque. J'avais eu sa référence deux ans plus tôt par ma cousine qui est infirmière. Elle avait eu recours à ses services et avait été enchantée. À l'époque, en 2005, j'avais acheté un livre de ce médecin : Maigrir par la motivation. J'ai bien perdu 30 livres, mais les ai reprises avec 8 de plus. Ça, c'est le drame de bien des personnes qui maigrissent. Alors à 217 livres, le 16 mai, je me présentais à son bureau avec toute ma graisse, ma honte, ma vulnérabilité et mon espoir inavoué. Il m'a parlé avec tant d'honnêteté. Il fut si direct qu'il m'a secouée comme personne ne l'avait fait auparavant.
« Raymonde », m'a-t-il dit. « Tu es une belle femme, tu as du succès dans ta vie. Qu'est-ce que tu es en train de faire ? Tu es en train de te faire mourir ! Avec ta stéctose hépatique, tes triglycérides élevés et ton surplus de poids, je te promets qu'avant l'âge de 50 ans, tu seras diabétique ! ». Ma mère est diabétique. Je vois toutes les contraintes qu'elle vit et les sacrifices qu'elle doit faire, son inquiétude constante face à sa glycémie. Je ne veux pas de cela pour moi. Je suis assommée !
J'ai tellement pleuré après cette rencontre, seule dans ma voiture, si seule avec mon problème d'obésité, si seule dans ma lutte. Il n'y a que moi qui peux faire quelque chose pour moi. J'ai tout lu sur le sujet, du plus farfelu aux études les plus sérieuses. J'ai tout tenté, de la soupe au chou en passant par les diététistes, Weight Watchers et le jeûne mitigé, et j'ai toujours tout repris. Je me sens désespérée et pourtant, je ne pourrai rien réussir si l'espoir ne revient pas m'habiter. Quel paradoxe ! Ma conseillère ce jour-là m'a dit une phrase que je n'oublierai jamais : « Tu es avec nous pour ta dernière diète ». Je veux tellement la croire.
Cinq mois plus tard, le 19 octobre 2007, j'avais courageusement perdu 37 livres et quelques jours plus tard, j'atteignais mon 40 livres (...).Raymonde


