Pourquoi les médecins n'aiment pas les gros?
Voilà le titre d`un article que j`écrivais il y a quelques années dans la revue médicale Le clinicien.
Récemment, lors d`une conférence sur la santé que je donnais au Manoir Richelieu, un monsieur dans la cinquantaine me pose la question à savoir ce qu`il devrait faire pour améliorer sa santé. Voyant qu`il avait un bon surplus de poids d`au moins 25 kg, je lui pose quelques questions et il m`apprend qu`il est cardiaque, qu`il a été opéré pour ses artères coronariennes avec pose de stents, qu`il est diabétique et qu`il prend une douzaine de pilules par jour.
Comment vous sentez-vous?
Il me répond du tac au tac, pas très bien. Qu`est-ce que je peux faire pour être mieux?
Est-ce que votre médecin ou cardiologue vous a déjà expliqué l`importance de perdre votre excès de poids?
La réponse fut spontanée : non, jamais.
Incroyable mais vrai. Nous savons depuis plus de 30 ans qu`un bon régime alimentaire, qu`une perte de poids, que de ne pas fumer, que marcher 45 minutes par jour 5 jours par semaine et que réduire son stress ralentissent la progression du durcissement des artères et même peuvent même en provoquer une régression.
Le docteur Ornish a démontré que sans médicaments, sans chirurgie, tout à fait naturellement, on peut faire régresser l`artériosclérose.
Comment en est-on arrivé à ce que des médecins ne conseillent pas à leurs patients ce qui est le plus important à faire pour être en bonne santé?
Les réponses sont probablement multiples :
- l`ignorance, probablement assez rare
- le manque de savoir faire, probablement fréquent
- le manque de confiance dans la capacité du patient à se responsabiliser, probablement très fréquent
- le manque de temps pour bien communiquer, écouter et conseiller son patient, probablement tout le temps
Commentaire(s)
Isabelle Plante
( 29 juillet 2010 @ 22:25 )
Je suis entièrement d'accord avec vous et je pense que c'est une des principales raisons qui font que, malheureusement, certains médecins éprouvent du mépris pour leurs patients obèses. Cela pourrait même expliquer, à mon avis, pourquoi ces médecins accordent parfois moins de temps et de soins aux obèses. C'est malheureux.
Francine Boisvert
( 7 septembre 2010 @ 22:40 )
On n'est pas juste gros (se) on est aussi autre chose.


