L’espérance de vie

L'espérance de vie

Couple in love hugging and enjoying at public park in autumn

Une science nouvelle

Depuis que l’homme existe, ses connaissances se sont multipliées par six. Depuis l’homme des cavernes jusqu’en 1750 de notre ère, elles avaient doublé en 1900. Tout ce bagage de connaissances acquises par l’homme au cours des siècles s’était donc multiplié par deux en seulement 150 ans. En 1950, toutes les connaissances de l’être humain ont encore doublé, mais cette fois en 50 ans; entre 1950 et 1965, l’homme a encore multiplié son savoir par deux, cette fois en 15 ans seulement. Entre 1965 et 1975, l’homme en savait encore deux fois plus et, finalement, en cinq ans seulement, soit entre 1975 et 1980, l’homme a encore doublé la somme de ses connaissances. Actuellement, certains experts estiment que nous doublons nos connaissances tous les deux ans.
Plus la science évolue, plus les connaissances se multiplient, et à un rythme de plus en plus rapproché, ce qui n’est pas sans affecter notre régime de vie. Nous sommes donc dans une période d’adaptation au changement. Nous en subissons les bons et les mauvais côtés.

En une seule journée, nous recevons autant d’informations que nos grands-parents durant toute leur vie. Vous rendez-vous compte de l’impact de la répétition de ces messages dans vos vies? Il y a sûrement beaucoup plus de positif que de négatif dans l’accumulation des nouvelles connaissances, mais encore faut-il, comme individu, faire un choix et les employer à bon escient.
Ce livre veut vous faire profiter de toutes ces possibilités nouvelles offertes par la science et vous aider enfin à réussir là où, antérieurement, vous aviez échoué face au problème de votre obésité. Croyez-moi, si vous avez le goût de changer, si vous avez le profond désir de vivre enfin heureux – et je pense que vous l’avez puisque vous êtes en train de lire ce livre –, la somme des connaissances nouvelles acquises sur l’homme, sur son comportement physique et psychologique, vous permettra d’atteindre votre but.

Le présent ouvrage sera votre guide. Il a été écrit dans un style clair et simple. L’efficacité des techniques enseignées a été vérifiée depuis plusieurs années; d’ailleurs, les nombreux témoignages vous en convaincront. Si d’autres ont réussi, pourquoi pas vous?

La maladie: un choix

Les connaissances de l’homme, en ce qui a trait à l’obésité, ont été, jusqu’à présent, une arme à double tranchant. Il est effarant de constater que, dans toutes les sociétés dites évoluées, industrielles ou post-industrielles, on a réussi à créer des maladies consécutives à l’abondance et qui sont responsables de 83% des décès avant l’âge de 65 ans. Et pourtant, nos connaissances dans les domaines de l’alimentation, de la physiologie humaine, du comportement psychologique et physique de l’homme n’ont jamais été aussi vastes. L’impressionnant arsenal de médicaments nouveaux et de techniques nouvelles de traitement s’accroît de jour en jour.
Et malgré cette nouvelle technologie médicale, l’espérance de vie de 1900 à 1970 n’a augmenté que de quatre ans, soit de 63 à 67 ans.
Par contre, quelques habitudes que nous pouvons facilement acquérir, c’est-à-dire prendre un bon petit-déjeuner, manger modérément, prendre trois repas par jour, faire de l’exercice, ne pas fumer, boire peu ou pas d’alcool et dormir sept ou huit heures par jour, améliorent notre espérance de vie de 11 ans, pour la porter de 67 à 78 ans.

L'espérance de vie

Le docteur Kenneth Cooper, le père du jogging aux États-Unis, qui a écrit en 1968 le fameux livre Aerobics, rapporte qu’un homme de 45 ans, s’il a moins de quatre des habitudes décrites plus haut, peut espérer vivre jusqu’à 67 ans; s’il en a quatre ou cinq, il peut espérer vivre jusqu’à 73 ans, et s’il en a six ou sept, il peut espérer vivre jusqu’à 78 ans.
Ce que nous faisons pour notre corps peut prolonger notre espérance de vie de 11 ans, tout en nous donnant une qualité de vie extraordinaire, alors que la technologie médicale moderne prolonge notre espérance de vie de quatre ans, souvent en repoussant la mort de quelques jours parfois bien misérables.

Le docteur Cooper a évalué, dans sa clinique, au Texas, la forme physique de personnes de 30 ans qui s’entraînaient trois fois par semaine en faisant du jogging et qui maintenaient leur poids. Il les a comparées à des gens de 60 ans qui suivaient le même entraînement et avaient le même régime de vie. Le test déterminant était l’électrocardiogramme à l’effort sur tapis roulant gradué. Le résultat fut qu’à 60 ans, on peut conserver à peu près la même forme physique qu’à 30 ans.

L'espérance de vie

Un sportif
Je suis toujours ébahi de voir arriver à mon bureau nombre de patients qui viennent pour leur examen annuel. Jean-Guy, un homme d’affaires florissant dans le domaine de l’édition au Québec, se présente chaque année. C’est une visite très importante pour lui; il veut passer tous les examens possibles en vue de dépister cancer, diabète et cholestérol. Tous les ans, très méthodique, il se présente pour son examen; rien ne pourrait lui faire manquer son rendez-vous. C’est très important pour sa santé, et la santé c’est précieux. Il ne faut pas attendre qu’elle soit détériorée pour l’apprécier.

Jean-Guy a 36 ans, il pèse 127 kg (280 lb), fume 50 cigarettes par jour, saute des repas, ne déjeune pas, prend tous les jours de l’alcool, dort en moyenne cinq heures par nuit à cause du travail, mais il est un sportif enragé. Lors de notre entrevue, il me raconte qu’il voit toutes les parties des Expos à Montréal et me demande si je vais au Stade à l’occasion. Comme ma réponse est négative, il me dit: «Tu n’es pas sportif, toi, Maurice?» Je n’ai pu m’empêcher de sourire. Quelques mois auparavant j’avais participé au marathon de ski canadien et je m’étais entraîné intensivement pendant cinq mois en vue de cet événement. Je continue d’ailleurs à courir régulièrement, à jouer au tennis et au hockey. Jean-Guy suivait tous les sports, tant au Stade qu’à la télévision, mais ne participait à aucun. C’était un «sportif» enragé!

L’année précédente, j’avais diagnostiqué chez lui un diabète très important. Jean-Guy avait le même poids cette année et avait conservé les mêmes habitudes. Malgré mes conseils, mes exhortations pour qu’il perde son surplus de poids, il n’en fit rien et, quelques mois plus tard, il fut hospitalisé pendant trois semaines pour un coma diabétique. Aujourd’hui, il a encore le même problème de poids et de diabète. Il se fie aux connaissances de la médecine, mais il ne fait rien pour aider son corps.

Livre du Dr Maurice Larocque. “Maigrir par la motivation.”